Une série de courts mémoires proposés par l’Université d’Ottawa : Proposition d’enjeux électoraux

Francopresse. Une professeure en administration publique a demandé à des collègues d’écrire de courts mémoires sur des sujets susceptibles de faire partie du décor de la prochaine campagne électorale au Canada. Langues officielles incluses!

La professeure agrégée en administration publique, Jennifer Wallner, a eu l’idée de demander à des collègues d’écrire de courts mémoires sur des sujets susceptibles de faire partie du décor de la prochaine campagne électorale au Canada.

 

André Magny (Francopresse)

 

Francopresse. Une professeure en administration publique a demandé à des collègues d’écrire de courts mémoires sur des sujets susceptibles de faire partie du décor de la prochaine campagne électorale au Canada. Langues officielles incluses!
La professeure en administration publique, Jennifer Wallner, de l’Université d’Ottawa. Photo : avec l’autorisation de Jennifer Wallner.

Soutenue dans sa démarche par le vice-doyen de la recherche de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa (UO), John Sylvestre, la professeure Wallner avoue qu’elle a été influencée par une initiative de l’Université de Toronto (Ontario 360), qui s’est intéressé l’an dernier à certains domaines propres à l’Ontario. «Mais la nôtre est différente en raison de la structure des soumissions des professeurs et du type d’évènements que nous prévoyons. En outre, les enjeux sont directement liés aux recherches menées par nos professeurs – nous essayons ainsi de forger un nouveau chemin pour mobiliser les connaissances.»

Les profs ont eu comme consigne d’écrire trois pages maximum dans un langage clair «dépourvu du jargon» universitaire, ajoute Mme Wallner. Cette initiative désignée sous le nom d’IMPACT par la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa est lancée le 18 juin à l’UO sous forme de tables rondes avec comme animateur l’ancien commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.

Une vingtaine de sujets ont fait l’objet de courtes analyses comme les questions d’économie et de commerce international, les politiques d’immigration et d’accueil des réfugiés, les relations entre le Canada et la Chine, l’aide étrangère, les peuples autochtones et, bien sûr, la francophonie.

 

L’appui à la dualité linguistique

C’est sous ce titre que se présente le mémoire de Martin Normand et de Linda Cardinal de l’École d’études politiques à l’UO.

Rappelant que «les évènements de l’automne 2018 qui ont pris à partie les minorités francophones et la dualité linguistique au pays, comme l’abolition du Commissariat aux services en français de l’Ontario, le retrait du financement à l’Université de l’Ontario français, l’annulation des Jeux de la Francophonie au Nouveau-Brunswick et le licenciement de traducteurs par le gouvernement du Manitoba, ont suscité de nombreuses réactions partout au pays», les auteurs estiment que, oui, la Loi sur les langues officielles doit être modernisée, mais qu’on ne peut présumer de rien. Les chercheurs ont cru bon ajouter une série d’options, au cas où cette possible modernisation n’irait pas assez loin.

Mme Cardinal et M. Normand suggèrent ainsi de «développer un outil d’analyse différenciée selon les langues officielles ou une lentille linguistique pour la planification, la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation de politiques et de programmes qui devra obligatoirement être utilisée par les institutions fédérales.»

Ce serait compliqué non? «Pas du tout, assure M. Normand, il existe un outil semblable en matière d’analyse comparative entre les sexes.» Ils proposent également «le bilinguisme à l’embauche pour les postes de superviseur et pour ceux et celles qui travaillent avec le public.»

Au total, ce sont huit recommandations qui se retrouvent dans leur écrit. Mais au fait, les partis politiques recevront-ils ces mémoires et toutes leurs propositions? «Ça, c’est une bonne idée», reconnait avec enthousiasme Jennifer Wallner. «Je vais le faire lorsque tous nos mémoires seront complétés en anglais et en français.»