Rencontre avec Robert Tétrault : Le gestionnaire qui cultive la raison

La Liberté, Man. Il est le président qui a exercé le plus long mandat dans l’histoire de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface et le voilà maintenant lauréat du prix de distinction de la même chambre de commerce pour son entreprise. Portrait de Robert Tétrault.

À ce jour, il est toujours le président qui a exercé le plus long mandat (trois ans et demi) dans l’histoire de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface. Le voilà maintenant lauréat du prix de distinction de cette même chambre de commerce pour son entreprise Groupe financier Tétrault, un prix qui lui a été décerné en novembre dernier. Comme si la boucle était bouclée.

 

Marie Berckvens (La Liberté)

 

La Liberté, Man. Il est le président qui a exercé le plus long mandat dans l’histoire de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface et le voilà maintenant lauréat du prix de distinction de la même chambre de commerce pour son entreprise. Portrait de Robert Tétrault.
Robert Tétrault est lauréat du prix de distinction de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface, pour le Groupe financier Tétrault. Photo : La Liberté, Marie Berckvens

Pourtant, Robert Tétrault n’a pu cacher son étonnement : « J’étais vraiment ému, touché, émotionnel. Recevoir un prix de distinction de la part de la communauté, c’est un signe de reconnaissance. Je travaille fort. Quand je reçois un prix pareil, ça veut dire que mes pairs dans la communauté reconnaissent le travail que je fais. Ça a apporté beaucoup de joie à mon cœur. »

L’homme d’affaires est diplômé en droit de l’Université de Toronto, mais n’a exercé la profession d’avocat que de 2006 à 2008, avant de revenir à ses vieilles amours. « J’ai toujours été passionné par le monde de la finance. Mon père avait son propre cabinet. Depuis que je suis très jeune, je voulais comprendre comment l’économie marchait, comment une compagnie fonctionnait. Quand j’étais adolescent, je me suis monté un portefeuille. J’ai acheté mes premières actions. Jeune adulte, j’ai commencé à aider mes amis à gérer leurs investissements. J’ai alors géré mes premiers comptes. »

 

L’aventure de la finance

Titulaire d’un MBA (maitrise en administration des affaires), Robert Tétrault s’est lancé dans l’aventure de la finance en 2010, un monde souvent perçu comme opaque, mystérieux, compliqué. « J’aime le fait que si tu restes rationnel, tu vas y arriver. C’est vraiment un test de caractère. Quand tout le monde est en train de vendre ses actions parce qu’elles sont à la baisse, on sait bien que ce n’est pas prudent de vendre à ce moment-là. J’aime que quand je réussis ce test, mes clients vont avoir du succès.

« J’aime aussi la dimension globale de mon travail. Tout est interconnecté. Il faut savoir ce qui se passe avec le Brexit, avec la Chine, l’Australie, en Amérique latine. Je prends constamment le pouls du côté économique. Quand j’étais avocat, je m’inquiétais de ce qui se passait à Winnipeg. Là, je m’inquiète de ce qui se passe partout dans le monde. Et surtout, j’apprends. Chaque jour, j’apprends. »

 

Voir à long terme

Gérer un portefeuille d’actions pour ses clients ou encore s’occuper de leur planification testamentaire ou de retraite s’apparente à une résolution de problèmes pour Rob Tétrault. « La clef pour moi, c’est que j’ai une vision à long terme. Je reste calme, je prends des décisions basées sur les chiffres, la logique et l’historique du marché. Mais c’est clair que dans mon métier, il y a des swings émotionnels tout le temps. Tu as des journées où tout va bien, tes clients gagnent de l’argent. Il y a des temps où le marché subit une correction. Là, c’est moins le fun.»

Marié et père de quatre enfants, Rob Tétrault gère une équipe de dix personnes. Dans les années à venir, il entend ralentir un peu le rythme qu’il s’impose. « C’est vrai que la vie est mouvementée. Je m’étais toujours dit que j’étais pour ralentir. Ce n’est pas arrivé encore. J’essaye de déléguer certaines tâches. On s’en va dans cette direction avec le beau monde compétent que j’ai ici. »