Les chiffres sont alarmants – Vieillissement de la population : un défi reconnu ?

Roland Gallant, président, Fédération des ainées et ainés francophones du Canada

(Ce texte a d’abord paru dans le Bulletin de mai 2016 de la FAAFC)

Roland Gallant, président de la FAAFC. (Courtoisie)

Il ne sera pas nécessaire d’attendre les résultats du recensement long de 2016 pour constater que la proportion des personnes âgées du Canada est de plus en plus grande. Les chiffres sont alarmants. Mais, jusqu’à tout récemment, cette situation ne semblait pas être perçue comme l’un des plus grands défis auxquels nous devrions faire face au cours des prochaines décennies.

Vous vous souviendrez qu’au cours de la campagne électorale fédérale de l’automne 2015 qui a conduit à l’élection d’un gouvernement majoritaire libéral, la Fédération des aînées et aînés francophone du Canada (FAAFC) et l’Association médicale canadienne (AMC) ont incité les divers partis politiques à préciser leur position concernant cette question et les ont invités à adopter une vision, une politique globale permettant de faire face à cet immense défi du vieillissement de la population canadienne.

Et nous avons pu constater une ouverture du gouvernement Trudeau dans cette direction par les divers éléments du budget adopté récemment : investissements prévus dans les soins à domicile, dans les infrastructures, etc…

Et nous savons également que les provinces maritimes, et plus particulièrement le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont les plus touchées par le vieillissement de la population. Et l’ensemble du Canada n’échappera pas à cette tendance, Au cours des derniers mois, on a senti que nos décideurs politiques prennent conscience de l’importance d’agir pour y faire face.

Ainsi, en mai dernier, le premier ministre  du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a rencontré le premier ministre Justin Trudeau et il a  « invité Ottawa à l’aider à faire du Nouveau-Brunswick un laboratoire où seront développés des moyens de gérer le vieillissement de la population ».

Gallant préconise une collaboration entre le gouvernement fédéral et celui du Nouveau-Brunswick pour voir : «comment on peut faire des investissements et mettre en place des programmes pour mitiger les défis du vieillissement et comment on peut saisir les opportunités provenant d’une population vieillissante».

Le premier ministre Gallant énumère divers éléments devant être pris en considération dans un tel projet-pilote, soit : ajuster le Transfert canadien en matière de santé pour tenir compte du vieillissement, aider les aînés à demeurer plus longtemps dans leur communauté et à la maison, de mieux gérer les maladies chroniques, favoriser la recherche, investir dans les infrastructures, etc…

Voilà des éléments qui cadreraient bien dans une vision globale pour faire face au vieillissement de la population canadienne. Toutefois, il me semble qu’il faudra y prévoir une place importante à des mesures préventives qui feraient en sorte que la proportion  d’aînés ayant besoin de soins de longue durée diminue.

Cela signifie la mise en place de programmes visant à inciter les gens à se donner de saines habitudes de vie, à contrer l’émergence de maladies chroniques. Le résultat à atteindre serait : des aînés vieillissant en meilleure santé et ne nécessitant qu’un minimum de soins de santé.

Souhaitons que nos gouvernants choisissent cette voie. D’ailleurs, ont-ils le choix ?